5 plans jazz manouche en Ré

 

Aujourd’hui, je te propose une étude concise autour du langage de Django Reinhardt, à travers 5 plans jazz manouche en Ré majeur.

Le jazz manouche est une école d’exigence rare :
– une technique instrumentale précise,
– une maîtrise du rythme,
– et surtout un sens aigu du langage mélodique.

C’est une musique acoustique, directe, sans artifice.
Une guitare, un musicien, du temps de travail. Rien de plus.

 


Le cadre musical

 

Dans la vidéo associée, destinée à des guitaristes de niveau intermédiaire à avancé, je travaille sur un accord de Ré statique, tenu sur plusieurs mesures.

Ce contexte est fondamental :
lorsque l’harmonie ne bouge pas, c’est au soliste de créer le mouvement.

On peut alors :

  • superposer des couleurs harmoniques,

  • suggérer des progressions implicites,

  • faire vivre le discours sans dépendre de l’accompagnement.

C’est un principe central chez Django.

La tablature complète est disponible en téléchargement en fin d’article.


Analyse des plans

Plan 1

Un arpège de Ré majeur 7, enrichi d’uneneuvième.
Cette position est une base incontournable du style.

La phrase se conclut par une broderie autour de la tierce, procédé typique du langage manouche : entourer la note cible plutôt que la frapper frontalement.


Plan 2

Citation directe du thème de Belleville de Django Reinhardt.

On suggère ici une alternance Ré / La, alors même que l’accord reste statique.
C’est un exemple clair de mouvement harmonique créé par le soliste.

Les descentes utilisent :

  • une position directement issue de Django,

  • une autre empruntée à Stochelo Rosenberg,

  • et une position plus intuitive, guidée par l’oreille.

La phrase se conclut par un arpège de Ré diminué, couleur essentielle chez Django, créant une tension contrôlée avant résolution.


Plan 3

Un plan très ornementé, riche en notes de passage et broderies.

L’objectif n’est pas l’accumulation de notes, mais la mise en valeur des notes structurantes de l’arpège de Ré.

La phrase se termine sur un A7♭9, typique des cadences manouches.


Plan 4

 

Un plan rapide mais techniquement accessible, à condition d’être travaillé avec méthode.

La base reste un arpège de Ré majeur 7, enrichi de septièmes majeures et de neuvièmes.
La phrase se conclut sur la sixte, note caractèristique du style.

La sixte apporte une couleur suspendue, élégante, omniprésente chez Django.
C’est une note à intégrer profondément dans ton vocabulaire.


Plan 5

 

Dernier plan, écrit principalement à l’oreille.

Le discours joue librement avec la sixte, notamment dans l’aigu, avant un passage plus bluesy.
La phrase est volontairement « cassée » par un arpège de La 7 altéré, créant contraste et relief.


Téléchargement

 

Conclusion

 

Ce travail ne vise pas l’accumulation de plans, mais l’intégration d’un langage.

Si certains éléments te semblent complexes, c’est normal.
Le jazz manouche est une musique qui demande du temps, de l’écoute et de la répétition consciente.

La clarté vient toujours après l’immersion.

Travaille lentement.
Écoute beaucoup.
Sois précis.

— Sébastien

Je m’appelle Sébastien Dorotte, je suis guitariste professionnel et voici mon BLOG sur la guitare:) Ici je te livre mes meilleurs conseils pour que tu progresses en technique, en improvisation, que tu deviennes plus polyvalent et que tu exploses ton jeu de guitare 😉

1 Commentaire

  1. François STEINMETZ

    Merci pour ce petit cadeau et puis félicitations: la relève est assurée.

    Bon week-end ensoleillé

    Réponse

Laisser un commentaire